Saint Laurent de Brindes, le capucin qui lisait la Bible dans ses langues originales


Prédicateur, diplomate et polyglotte, il mit une érudition exceptionnelle au service de l’Évangile dans une Europe divisée





Résumé en latin ecclésiastique

Sanctus Laurentius a Brundusio, presbyter Ordinis Fratrum Minorum Capuccinorum et Ecclesiae Doctor, anno 1559 natus est. Linguis Latinis, Graecis, Hebraicis atque pluribus Europae sermonibus eruditus, Sacras Scripturas diligenter interpretatus est. Praedicator, missionarius et legatus pontificius, doctrinam suam ad unitatem Ecclesiae et ad pacem inter populos promovendam adhibuit.

Le saint qui parlait à toute l’Europe

Laurent naquit à Brindisi, dans le royaume de Naples, en 1559. Orphelin assez jeune, il rejoignit les capucins et reçut une solide formation en philosophie, en théologie et dans les langues bibliques.

Il maîtrisait notamment le latin, le grec et l’hébreu, auxquels s’ajoutaient plusieurs langues européennes. Cette connaissance lui permettait de lire les Écritures dans leurs versions anciennes, de prêcher dans différents pays et de dialoguer avec des interlocuteurs de cultures très diverses. Les sources capucines soulignent qu’il pouvait s’exprimer en italien, français, espagnol, allemand et connaissait assez bien l’hébreu pour être respecté par des rabbins.

Son érudition n’était pas celle d’un savant enfermé dans sa bibliothèque. Laurent voyagea à travers l’Europe comme prédicateur, supérieur religieux et diplomate. Il participa aux efforts de réforme catholique dans les territoires germaniques et fut envoyé auprès de plusieurs cours européennes.

Ses missions politiques doivent être replacées dans une époque marquée par les conflits entre puissances chrétiennes, la progression ottomane et les divisions nées de la Réforme. Laurent chercha parfois la paix par la négociation, même si son activité resta étroitement liée aux affrontements religieux de son siècle.

Son œuvre écrite comprend des commentaires bibliques, des sermons et des textes de controverse. Une grande partie de ses enseignements part directement de l’Écriture, étudiée dans ses langues originales.

Laurent mourut à Lisbonne en 1619, au cours d’une mission diplomatique. Ses œuvres complètes furent publiées au XXᵉ siècle. En 1959, Jean XXIII le proclama docteur de l’Église sous le titre de Docteur apostolique.

Sa fête est célébrée le 21 juillet dans le calendrier capucin.

Note culturelle

Laurent de Brindes montre que la connaissance des langues peut devenir une véritable méthode théologique.

Lire la Bible en hébreu et en grec permettait de comparer les traductions, de mieux comprendre certains mots et d’éviter de construire une interprétation entière sur une nuance disparue au passage d’une langue à l’autre.

Il ne fut pas linguiste au sens moderne, mais il appartient à cette longue histoire des religieux pour lesquels l’étude des langues était indispensable à la compréhension des textes sacrés.

Son parcours rappelle aussi qu’un polyglotte ne sert pas seulement à traduire des phrases. Il peut devenir un médiateur entre des peuples qui ne se comprennent plus, ce qui, au début du XVIIᵉ siècle comme aujourd’hui, n’est pas exactement un talent superflu.

Sources

  • Ordre des Frères mineurs capucins, calendrier liturgique et vie de saint Laurent de Brindes.

  • Ordre des Capucins, pèlerinage au tombeau de saint Laurent et présentation de son œuvre.

  • Catholic Encyclopedia, notice biographique et intellectuelle.

Pour aller plus loin

Saint Bonaventure, quand la science commence par l’émerveillement

Un autre franciscain pour qui l’étude de la nature et la réflexion philosophique conduisent à la contemplation du Créateur.

Giuseppe Mezzofanti, le cardinal aux quarante langues

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Pantène d’Alexandrie, le philosophe qui ouvrit la première grande école chrétienne

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Médecin et traducteur syriaque, il contribua à faire circuler les connaissances philosophiques et médicales grecques vers le monde oriental.


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La connaissance des langues anciennes reste-t-elle indispensable pour comprendre correctement la Bible ?

Laurent de Brindes doit-il être retenu surtout comme prédicateur, diplomate ou érudit des Écritures ?

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