José Calasanz Marqués, l’éducateur salesien qui fit voyager l’école de Barcelone aux Andes

 

Directeur de collèges, missionnaire à Cuba et responsable des œuvres scolaires au Pérou et en Bolivie, il consacra sa vie à la formation avant de mourir martyr en 1936






Résumé en latin ecclésiastique

Beatus Iosephus Calasanctius Marqués, presbyter Salesianus et educator, collegia in Hispania et America rexit, iuvenes instituit atque magistrorum communitates formavit. In persecutione Hispaniensi anno 1936 sacerdotium suum fortiter confessus, martyr occubuit.


Un enfant formé par les premiers salesiens espagnols

José Calasanz Marqués naquit le 23 novembre 1872 à Azanuy, dans la province de Huesca.

Sa famille appartenait à une région marquée par la tradition catholique et l’émigration intérieure.

À douze ans, il entra au collège salesien de Sarriá, près de Barcelone.

La présence des salesiens en Espagne était encore récente.

Le jeune José découvrit une méthode éducative fondée sur la proximité, la confiance, le travail et la prévention plutôt que sur la seule punition.

En 1886, il rencontra personnellement saint Jean Bosco lors du voyage de celui-ci à Barcelone.

Une photographie le montre parmi les élèves entourant le fondateur vieillissant.

Cette rencontre confirma sa vocation.

José entra dans la Société de saint François de Sales en 1890.

Il appartint ainsi à la première génération de salesiens espagnols.

Après sa formation philosophique et théologique, il fut ordonné prêtre en 1895.

Il travailla pendant environ dix ans comme secrétaire de Philippe Rinaldi, futur recteur majeur des salesiens et lui-même proclamé bienheureux.

Cette fonction lui permit d’observer directement l’organisation pédagogique, missionnaire et financière d’une congrégation en pleine expansion.

Il ne resta cependant pas enfermé dans un bureau.

Il fut chargé de diriger le collège de La Esmeralda à Sarriá.

L’établissement fut ensuite transféré à Mataró.

José participa au développement de cette œuvre scolaire, destinée notamment à la formation chrétienne et professionnelle de jeunes gens.

En 1916, il fut envoyé à Camagüey, à Cuba.

Il y dirigea une maison salesienne dans un contexte culturel et social très différent de celui de la Catalogne.

Il fut ensuite nommé responsable provincial des œuvres salesiennes du Pérou et de la Bolivie.

Cette charge impliquait de visiter les maisons, former les éducateurs, coordonner les écoles et adapter la pédagogie aux réalités locales.

En 1925, il revint en Espagne comme provincial de la région de Barcelone et de Valence.

Les sources salesiennes le décrivent comme un homme de travail, proche de ses confrères et attentif à leur formation spirituelle.


Une pédagogie qui traverse les continents

José Calasanz Marqués n’a pas inventé une théorie éducative personnelle comparable à celle de Don Bosco.

Son apport réside dans l’application, la transmission et l’adaptation du système préventif salesien.

Ce système repose sur trois piliers traditionnels :

  • la raison ;

  • la religion ;

  • l’affection éducative.

L’éducateur ne doit pas seulement surveiller ou sanctionner.

Il doit être présent, connaître les jeunes, prévenir les situations de rupture et créer un climat de confiance.

En dirigeant des établissements en Espagne, à Cuba, au Pérou et en Bolivie, José dut adapter cette méthode à plusieurs sociétés.

L’école salesienne associait généralement :

  • instruction générale ;

  • formation religieuse ;

  • apprentissage professionnel ;

  • activités sportives et culturelles ;

  • accompagnement personnel ;

  • préparation à une vie active autonome.

Le parcours de José appartient donc directement à l’histoire internationale de l’éducation catholique.


Former les enseignants avant d’ouvrir des écoles

Un réseau scolaire ne peut se maintenir uniquement grâce à des bâtiments.

Il exige des professeurs formés, des programmes, des responsables et une culture pédagogique commune.

Comme provincial, José devait visiter les communautés, choisir des directeurs, soutenir les enseignants et maintenir l’unité entre des établissements géographiquement éloignés.

Son rôle fut donc celui d’un transmetteur institutionnel du savoir.

Il contribua à faire circuler une méthode éducative européenne dans plusieurs pays d’Amérique latine, tout en l’adaptant à leurs besoins.

Cette dimension permet de le distinguer d’un simple administrateur religieux.

Son gouvernement concernait directement des collèges, des ateliers, des enseignants et des milliers d’élèves.


L’arrestation de juillet 1936

En juillet 1936, José se trouvait à Valence pour diriger une retraite réunissant plusieurs dizaines de salesiens.

Après le déclenchement de la guerre civile espagnole, la maison fut encerclée puis envahie par des miliciens.

Les religieux furent arrêtés.

Depuis la prison, José écrivit au recteur majeur pour décrire leur situation et affirmer sa confiance en Dieu.

Les salesiens furent libérés dans la nuit du 28 au 29 juillet.

José bénit ses confrères avant leur séparation.

Il fut bientôt arrêté de nouveau après que des miliciens eurent découvert sa soutane.

Interrogé sur son identité, il répondit calmement qu’il était prêtre salesien.

Il fut conduit vers Valence et abattu près du pont Saint-Joseph le 29 juillet 1936.

Jean-Paul II le béatifia le 11 mars 2001 avec d’autres martyrs de la persécution religieuse en Espagne.


Une figure légitime pour Cogito Ergo Credo

José Calasanz Marqués n’était ni scientifique expérimental ni grand théoricien.

Son lien avec le blog est cependant direct et substantiel :

  • direction de plusieurs collèges ;

  • diffusion internationale d’une méthode pédagogique ;

  • formation de communautés éducatives ;

  • développement d’écoles en Europe et en Amérique ;

  • adaptation d’un système d’enseignement à plusieurs contextes sociaux ;

  • accompagnement des éducateurs et des responsables.

Sa vie permet d’étudier comment une pédagogie devient un réseau mondial sans perdre complètement son unité.


Note culturelle

Son prénom complet crée parfois une confusion avec saint Joseph Calasanz, fondateur des écoles pies.

José Calasanz Marqués appartenait pourtant aux salesiens de Don Bosco.

Sa famille aurait été apparentée à celle du fondateur des piaristes, ce qui explique peut-être le choix du prénom Calasanz. Les sources biographiques signalent cette parenté lointaine.

Il réunit ainsi symboliquement deux grandes traditions catholiques d’éducation : celle de Joseph Calasanz et celle de Jean Bosco.


Sources

  • Famille franciscaine, calendrier du 29 juillet et biographie de José Calasanz Marqués.

  • Catholic.net, notice biographique et responsabilités éducatives.

  • Santi e Beati, biographie détaillée et œuvre salesienne.

  • Hispania Martyr, parcours au collège de Sarriá, fondation de Mataró et responsabilités en Amérique.

  • Paroisse salésienne du Saint-Esprit, synthèse historique.


Pour aller plus loin

Saint Georges Preca, le prêtre qui transforma les laïcs en professeurs de catéchisme

Preca développa à Malte un réseau dans lequel chaque membre formé devenait à son tour enseignant.

Antonio Lucci, l’évêque qui fit de l’étude une œuvre de charité

Antonio Lucci associa enseignement supérieur, formation du clergé et création d’une école accessible aux enfants du peuple.

Pantène d’Alexandrie, le philosophe qui ouvrit une grande école chrétienne

Pantène rappelle que l’éducation chrétienne organisée possède des racines très anciennes.

Clément d’Ohrid, le pédagogue qui donna une langue écrite aux peuples slaves

Clément forma des milliers d’élèves et développa une école capable de transmettre la lecture, l’écriture et la liturgie dans la langue du peuple.


Commenter et s’abonner

Une méthode pédagogique peut-elle être transmise d’un continent à l’autre sans devenir une simple recette détachée des réalités locales ?

Partagez votre avis et abonnez-vous à Cogito Ergo Credo.




Commentaires